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Paris, 10 janvier 2008
Le
recours à l'hydrogène comme vecteur énergétique et son utilisation dans
une pile à combustible peuvent apporter des réponses adaptées aux défis
énergétiques du XXIeme siècle. La production d'hydrogène est
actuellement basée sur les propriétés catalytiques des métaux 'nobles'
tels que le platine. Pour la première fois, les chercheurs du
Laboratoire de chimie et biologie des métaux (CEA-CNRS-Université
J.Fourier, au CEA de Grenoble) sont parvenus à produire de l'hydrogène
en utilisant un ensemble moléculaire sans recourir à un catalyseur à
base de métal noble.
Ce résultat, important pour l'avenir économique de la filière
hydrogène, fait l'objet d'une publication dans la revue Angewandte
Chemie International Edition du 4 janvier.
Les recherches menées pour améliorer la production d’hydrogène s’inspirent, pour une large part, des réactions chimiques intervenant dans la
photosynthèse chez les végétaux. En effet, sous l’effet de la lumière,
certains micro-organismes produisent de l’hydrogène à partir de l’eau.
Pour reproduire et adapter ces processus, les chercheurs ont mis au
point des systèmes moléculaires capables de capter l’énergie lumineuse
- fonction de photosensibilisateur - et d’utiliser l’énergie collectée
pour libérer l’hydrogène de l’eau - fonction de catalyseur.
Actuellement, tous les dispositifs technologiques développés pour
produire ou utiliser l’hydrogène renferment des métaux nobles(1) tels
que le platine. Or, les réserves en platine sont limitées. La rareté et
le coût de ce métal sont des freins au développement économique de la
filière hydrogène sur le long terme, et ce malgré les efforts pour
réduire les quantités utilisées dans les électrolyseurs et les piles.
Des recherches sont donc menées afin de ne plus avoir recours au
platine, en élaborant des catalyseurs à base de métaux naturellement
plus abondants et moins chers, tels que ceux utilisés par les
organismes naturels (fer, nickel, cobalt, manganèse).
Un
nouveau système vient donc d’être mis au point utilisant un catalyseur
à base de cobalt. Il s’agit d’un système supramoléculaire qui assure à
la fois la fonction de photosensibilisateur et de catalyseur. Sous
l’effet de la lumière, les électrons fournis par une molécule organique
sont utilisés pour libérer l’hydrogène de l’eau au niveau du cobalt,
avec une efficacité supérieure aux systèmes comparables renfermant des
catalyseurs à base de métaux nobles (Pd, Rh et Pt). La fonction de
photosensibilisateur reste assurée par l’utilisation de ruthénium (Ru,
partie gauche du schéma) ; une prochaine étape de ces recherches visera
à s’en affranchir.
Si
l’objectif ultime de ces recherches demeure l’utilisation de l’eau
comme source de protons et d’électrons (évitant ainsi d’avoir à ajouter
une molécule organique), les travaux publiés constituent une avancée
considérable dans le domaine de la photo-production d’hydrogène.
Notes :
1)
Historiquement, les métaux nobles étaient les métaux précieux (or,
argent, platine) utilisés en orfèvrerie. Cela correspond pour le
chimiste à des métaux qui ne s'oxydent pas facilement. Ce terme
s'applique maintenant aux autres métaux qui présentent une faible
abondance dans la croûte terrestre et sont donc à la fois rares et
coûteux (palladium, rhodium, iridium, osmium et ruthénium).
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