Compensation volontaire des émissions de CO2 : L' ADEME lance une Charte et un portail web pour harmoniser les bonnes pratiques
A l’initiative de Jean-Louis Borloo, Ministre d’Etat, ministre de
l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, l’ADEME
propose une Charte de bonnes pratiques et un portail web sur la
compensation carbone volontaire (www.compensationCO2.fr), pour garantir la qualité et la fiabilité de la démarche et fournir aux opérateurs de compensation, comme à leurs clients, des règles de fonctionnement communes. Jean-Louis Borloo, Ministre d'Etat, au nom du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, est le premier à signer cette Charte, montrant ainsi l’exemplarité de l’Etat sur ce thème.
- La démarche compensation, comment ça marche ?
Dans
le système de compensation volontaire, le climat mondial est appréhendé
dans sa globalité. Un volume de gaz à effet de serre ( GES) émis dans un
pays peut être « compensé » par une action qui permet de réduire un
volume équivalent de GES ailleurs, dans le cadre d’un projet
d’efficacité énergétique ou de mise en place d’énergie renouvelable en
substitution d’une énergie fossile (l’utilisation de la biomasse par
exemple en remplacement de fioul). Ce raisonnement est une adaptation
simplifiée, et sur base volontaire, des mécanismes de flexibilité
prévus par le Protocole de Kyoto, comme le mécanisme de développement
propre (MDP).
La compensation volontaire s’adresse à des acteurs qui ne sont pas soumis à une obligation
vis-à-vis leurs émissions ou qui souhaitent aller au-delà de leurs
obligations. La compensation volontaire est un des nombreux mécanismes
permettant de lutter contre l’effet de serre.
En 2007, une étude menée par l'ADEME a montré une grande diversité
de structures, de fonctionnement, de projets soutenus et des
différences de calcul des émissions de CO2 et du prix de la
tonne de carbone proposé. Ces divergences étaient susceptibles non
seulement de mettre en cause la légitimité du processus de
neutralisation des émissions de GES mais aussi de nuire à la cohérence
des messages publics en matière de lutte contre le changement
climatique.
Pour remédier à cette situation, l'ADEME, à la demande du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, a constitué un groupe de travail réunissant les pouvoirs publics, le monde associatif et des entreprises, qui a abouti à la rédaction de la
Charte de compensation et au développement du site Internet www.compensationCO2.fr.
La Charte définit des exigences en terme de développement
durable et des exigences techniques : les réductions d’émissions de CO2
générées par les projets doivent être réelles, vérifiables,
additionnelles, permanentes ou garanties et leur traçabilité peut être
clairement établie. Tout type de projets est concerné : efficacité
énergétique, énergie renouvelable, captage de méthane, boisement et
reboisement, s’il apporte la preuve du respect des exigences de la
Charte et s’il peut se référer à une méthodologie d’élaboration et de
suivi validée par les Nations Unies (1) . A ce titre, la Charte
reconnaît la qualité des projets certifiés dans le cadre du Protocole
de Kyoto (MDP (2) ou MOC(3)) et la valeur des unités carbone qu’ils
génèrent. Mais la Charte a également été conçue pour permettre aux
projets développés en dehors de ce cadre de faire la preuve de leur
qualité et de promouvoir ainsi des initiatives originales et
d’envergure souvent plus modestes, portées par des bureaux d’études ou
des ONG qui associent lutte contre le changement climatique et aide au
développement.
- Une priorité donnée aux réductions d’émissions de CO2
La Charte, d’adhésion volontaire, s’adresse aussi bien
aux opérateurs de la compensation qu’aux clients professionnels. En
devenant signataires ou en se référant à la Charte, les opérateurs, les
entreprises et les organismes qui compensent s’engagent :
- à s’inscrire dans une logique de neutralité carbone et à n’avoir recours à la compensation qu’en complément ou après des actions ayant permis de réduire leurs émissions ;
- à mettre à disposition du public une information transparente et
détaillée sur les pratiques environnementales mises en oeuvre et sur
les projets de compensation soutenus.
Pour relayer les messages de la Charte et faciliter la
comparaison entre les projets proposés par les différents opérateurs de
compensation volontaire, un site portail spécifique «
www.compensationCO2.fr » est mis en ligne. Il s’adresse :
- aux opérateurs de compensation, qui y
trouveront des références méthodologiques et pourront présenter les
projets qu’ils proposent pour compenser ;
- aux
clients professionnels, aux entreprises et aux collectivités, qui
pourront présenter leur démarche environnementale et leurs pratiques de
réduction de CO2, et trouver des projets fiables de compensation ;
- aux
consommateurs qui souhaitent plus d’informations et de transparence sur
la démarche de compensation volontaire et auront un accès plus facile
et plus rapide à un éventail de projets.
Evolutif, le dispositif
pourra s’affiner sur la base des retours d'expériences des premiers
mois de fonctionnement. Tout internaute peut réagir aux informations
qu’il trouve sur le site et adresser ces questions à l’auteur de la
fiche ou au bureau de suivi de la Charte.
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La Charte de compensation, fruit d'une démarche collective
La
Charte et le site Internet, initiés par l’ADEME à la demande du
Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables,
sont le résultat des travaux menés en 2007 par un groupe collégial
comportant des représentants de l’Agence française de développement
(AFD) – la Caisse des Dépôts et Consignations (Mission Climat) – le
Centre interprofessionnelle technique d’étude de la pollution
atmosphérique (CITEPA) - Entreprises pour l’environnement (EpE) – le
Ministère de l’Agriculture et de la Pêche (MAP) – le Ministère de
l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables (D4E et
Mission Interministérielle de l’Effet de Serre/MIES) – le Ministère de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MER/DGRI) – le Ministère
de l'Économie, des Finances et de l'Emploi (MINEFE/DGTPE) – le
Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) – l’Office National des
Forêts (ONF) – le Réseau Action Climat (RAC-F) - Action Carbone –
Climat Mundi - CO2 Solidaire/GERES.
NB : Le contenu de la charte
ne reflète pas nécessairement la position de tous les membres du groupe
de travail sur le sujet de la compensation volontaire
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(1) Méthodologie a minima validée par le Panel méthodologique de la
Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique
(CCNUCC) (2) Mécanisme de Développement Propre. Plus d’informations sur le site « http://cdm.unfccc.int/index.html » (3) Mise en Oeuvre Conjointe. Plus d’informations sur le site « http://ji.unfccc.int/index.html »
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