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Communiqué de presse du 26 février 2008
Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’Écologie, du
Développement et de l’Aménagement durables, Valérie PÉcresse, ministre
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Nathalie
KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, lancent la
nouvelle Fondation scientifique pour la Biodiversité ce Mardi 26
février 2008 au Muséum national d’Histoire naturelle.
Les objectifs de la Fondation créée visent à valoriser
les enjeux de la biodiversité. Premier outil opérationnel du
Grenelle Environnement, la Fondation réunira organismes publics de
recherche, ONG environnementales et entreprises, pour relever les défis
de la biodiversité.
Elle assurera à la fois une fonction de coordination de
la recherche mais aussi une mission d’information du grand public sur
l’enjeu majeur que représente pour nous la préservation de la
biodiversité.
Contacts presse
Cabinet de Jean-Louis BORLOO - 01 40 81 72 36
Cabinet de Valérie PECRESSE - 01 55 55 84 32
INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES :
La biodiversité en danger (quelques chiffres) :
- 60 % des services vitaux fournis à l'homme par les écosystèmes sont
en déclin
- La France a perdu chaque année, entre 1992 et 2004 :
- 73.000 ha de prairies permanentes ; - 30.000 ha de surfaces agricoles hors prairies ; - 26.000 ha arborées (arbres isolés, haies).
- 131 espèces présentes en France sont en danger critique d'extinction
(10% des espèces végétales sont en sursis, 20% des animaux vertébrés ont disparu ou sont
en grave danger sur notre territoire)
- 50% des zones humides ont disparu dans la seconde moitié du XXe siècle
Dans le cadre du "Grenelle Environnement", le groupe 2 "Préserver
la biodiversité et les ressources naturelles" a adopté un référentiel de
119 mesures en faveur de la biodiversité et des ressources naturelles selon
les 4 grands axes suivants :
- Arrêter la perte de biodiversité et conforter la richesse du vivant
par la mise en place d’une trame verte et bleue maillant l’ensemble
du territoire, une stratégie nationale des aires protégées, des plans de
conservation et de restauration dans les 5 ans des 131 espèces, en danger
critique d’extinction, l’acquisition de 20.000 ha de zones humides en 5
ans, la restauration de la nature en ville, la mobilisation de la filière
bois en protégeant la biodiversité forestière, la sauvegarde des insectes
pollinisateurs et des abeilles, la conservation des semences anciennes et
locales, la conservation de la biodiversité outre-mer, et la généralisation
des bandes enherbées sur tous les cours d’eau. Le réexamen et l’abandon
du projet de la montagne de Kaw a permis de préserver l’exceptionnelle biodiversité
de ce site guyanais.
- Créer par l’expertise, la formation et la recherche les outils de
compréhension, de gestion et de suivi indispensables en créant en 2008
un observatoire de la biodiversité et une fondation française de coopération
pour la recherche sur la biodiversité, en achevant l’inventaire
ZNIEFF terrestre
et en réalisant l’inventaire ZNIEFF marin en 2010, en engageant une recherche
sur la biodiversité des sols, en renforçant les disciplines naturalistes
(botanique, zoologie, écologie, taxonomie…), en réunissant un sommet du
gène, en renforçant l’enseignement de l’écologie ainsi que la stratégie
nationale pour la biodiversité et l’élaboration de stratégies régionales,
en proposant des mesures fiscales favorables à la biodiversité, et en lançant
une rénovation importante du Musée national d’Histoire naturelle. L’opportunité
de création d’une agence nationale d’expertise sur la biodiversité fera
l’objet d’une mission.
- Gérer de façon cohérente et concertée la mer vivante et son littoral,
par l’application du principe de gestion concertée par écosystème, par la
réduction et la prévention des polluants venant du continent, par la gestion
des stocks halieutiques, par la mise en place d’un programme méditerranéen
pilote, par des quotas de pêche administrés et non transférables sur le
thon rouge méditerranéen, par la collecte et gestion des déchets flottants
et échoués (macro-déchets), par la réduction et prévention des risques et
pollutions liés aux activités portuaires, par la réforme du régime des extractions
en mer et la restriction à l’usage de maërl aux fonctions les plus nobles.
- Contribuer à la conservation de la biodiversité mondiale, en
intégrant la protection dans les accords post-Kyoto, en luttant contre le
commerce illégal du bois, en mettant en place un mécanisme mondial de mobilisation
de l’expertise scientifique pour la biodiversité (IMOSEB), en intégrant
systématiquement la biodiversité dans l’évaluation des projets d’aide au
développement, en renforçant l’aide aux projets de gestion de la biodiversité,
en oeuvrant pour la boîte verte à l’OMC, et en portant la biodiversité pendant
la présidence française.
Que va faire la fondation ?
- Renforcer la coopération entre les opérateurs de recherche en biodiversité
qui touche de nombreux domaines, du micro au macro, de la terre à la mer
en passant par le ciel,
- Offrir un lieu de dialogue et d’action entre porteurs d’enjeux et acteurs
scientifiques sur la biodiversité,
- Favoriser l’émergence d’une écologie prédictive sur les résultats desquels
la décision politique pourra s’appuyer,
- Offrir un portail unique à tous les porteurs d’enjeux, ONG, collectivités
ou entreprises, qui ont un questionnement biodiversité,
- Offrir une visibilité à la recherche en biodiversité en France tant
au niveau national qu’international et notamment européen,
- Renforcer les activités de formation, de sensibilisation et de diffusion
des résultats et ainsi participer à l’appropriation collective et sociétale
de ses résultats.
Une gouvernance bâtie autour de 3 instances
- Le Comité d'orientation stratégique qui regroupe en son sein les porteurs d'enjeux de la biodiversité :
- entreprises, ONG, collectivités, ministères... -
un groupe réunissant les 5 collèges du Grenelle Environnement : l'Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux, les entreprises et les salariés et les ONG, -
une interface entre la recherche académique, le monde économique et
la «société civile» avant tout destinée aux acteurs ayant montré une
réelle volonté d'agir pour la biodiversité, émet des avis et formule des propositions relatives aux missions de la
Fondation, aux orientations de ses travaux, à leur valorisation.
- Le Conseil d'administration :
- 8 fondateurs, organismes de recherche et contributeurs au capital de la
Fondation : CEMAGREF, CIRAD, CNRS, IFREMER, INRA, IRD, MNHN et BRGM, - 5 représentants du Comité d'orientation stratégique qui regroupe en son sein les porteurs d'enjeu de la biodiversité, - 2 Personnes Qualifiées, - 2 représentants des enseignants-chercheurs, des enseignants et des chercheurs exerçant leur activité au sein de la Fondation.
- Le Conseil scientifique :
- composé de vingt personnalités scientifiques françaises ou étrangères,
- issues de la communauté scientifique impliquée dans la recherche sur la biodiversité, - émet un avis sur les grandes orientations et le programme d'action annuel, - examine toute question scientifique relative à la biodiversité.
Comment s'engager pour la Biodiversité avec la Fondation :
- Je suis une entreprise ou un particulier, je suis sensibilisé sur le problème
de la biodiversité et je veux aider la Fondation, solution : le mécénat. Je
fais un don défiscalisé à la Fondation (66 % du don pour les particuliers et
60 % pour les entreprises) ;
- Je suis une entreprise, ONG, collectivité... et je souhaite m'investir sur
le long terme pour la recherche sur la biodiversité, je pense que je peux contribuer
à apporter des solutions à travers le questionnement qui est le mien : je veux
devenir membre du Comité d'orientation stratégique et je fais acte de candidature ;
- Je suis une entreprise ou une collectivité, mon activité ou mes projets vont
impacter la biodiversité mais je ne sais pas en mesurer l'ampleur et la force.
Des travaux de recherche de grande qualité et dans de larges champs scientifiques me semblent nécessaires pour m'aider dans mes prises de
décision : je passe une convention de recherche avec la Fondation. Les chercheurs informeront l'ensemble de la communauté des résultats pour
le bénéfice de tous ;
- Enfin, je suis une entreprise et je me suis investie depuis longtemps sur
la biodiversité, mon engagement est sur le long terme et je souhaite vraiment
apporter mes compétences et des moyens à la recherche sur la biodiversité,
laquelle, je crois, peut permettre d'éclairer durablement nos politiques
: j'investis dans le capital de la Fondation et je deviens membre fondateur et je siège
au Conseil d'administration de façon pérenne.
Quelques exemples d'actions très concrètes en faveur de la biodiversité
:
Profitez
des fruits et des légumes de saison, vous protégez ainsi les écosystèmes en respectant les cycles naturels et limitez aussi la consommation
en énergies fossiles.
Laissez agir la Nature en favorisant les alliés naturels de vos cultures.
Utiliser la lutte biologique et les auxiliaires naturels des cultures : pour les jardins,
c'est souvent suffisant.
Transformez votre jardin en paradis pour les oiseaux en plantant des espèces
locales qui leur sont favorables et en réduisant autant que possible l'utilisation
de produits chimiques.
Pour vos plantations, préférez les espèces locales et maintenez ainsi les
écosystèmes existants. Adaptées au sol et au climat, les plantes locales
sont beaucoup plus résistantes et vous éviteront d'utiliser des produits chimiques. Evitez de choisir des plantes exotiques qui peuvent se révéler envahissantes
et porter de graves atteintes à la biodiversité, comme par exemple, l'herbe
de la pampa et le séneçon en arbre.
Dans votre jardin, laissez des haies et un coin de prairie en friche. Ils
abriteront de nombreuses espèces d'insectes (abeilles, papillons,...) essentielles à
la pollinisation ou à la décomposition des matières végétales. La raréfaction
des friches naturelles et l'utilisation massive de pesticides a conduit à la disparition
de 25% des espèces de papillons dans certaines régions de France. En laissant quelques
m2 d'herbes sauvages dans votre jardin (orties, pissenlits...), vous leur offrez
un lieu de vie où ils pourront se nourrir et se reproduire.
Pour la beauté de vos plantations, choisissez des solutions naturelles qui
sont aussi efficaces que les produits chimiques. Préférez ainsi un compost naturel
à un compost chimique.
Végétalisez la toiture de votre garage ou de vos entrepôts. En couvrant la
toiture de plantes à faibles racines, vous pouvez l'isoler de manière durable, tout
en attirant les abeilles, les papillons et les autres insectes. Renseignez-vous sur les
techniques appropriées : www.ademe.fr
Ne jetez pas vos déchets dans la nature quels qu'ils soient. 80 à 100 ans,
c'est le temps qu'il faut à une simple cannette en aluminium pour se décomposer
dans la nature. Par ailleurs, les déchets organiques favorisent les espèces envahissantes
telles que rats, goélands, pigeons...
La marche reste le meilleur moyen de découvrir la nature en toute quiétude.
Restez cependant le plus possible sur les sentiers, la nature est fragile.
S'approcher d'une couvée ou d'un nid peut remettre en cause la survie des
petits. Observez de loin, utilisez une paire de jumelles.
Nourrir des animaux sauvages bouleverse leur cycle naturel et l'équilibre
fragile de l'écosystème dans lequel ils vivent. Abstenez vous et observez
plutôt leur comportement alimentaire naturel.
Pratiquez l'escalade en plein air tout en respectant le rythme de la nature
et de la faune. Renseignez-vous sur les périodes d'éclosion des rapaces qui nichent
dans les rochers et les falaises afin de ne pas les déranger.
Pratiquez la plongée sous marine avec un centre agréé et spécialisé qui vous
informera sur la bonne conduite à tenir. Limiter notamment les contacts avec
le fond et ne prélevez rien.
En mer, sur un étang ou une rivière, respectez impérativement le milieu naturel
dans lequel vous évoluez. Vous éviterez de dégrader des zones sensibles tels
que les récifs coralliens et les lieux de nidification et de reproduction de
la faune locale : roselières, berges, petits îlots, herbiers à Posidonies ou Zostera, rivières
en périodes de basses-eaux.
Protégez les chauves-souris En France, toutes les chauves-souris sont protégées car menacées de disparition
et pourtant elles sont des insectivores bien utiles : moustiques, chenilles,
papillons de nuit constituent sa base alimentaire.
Ne cueillez pas dans la nature une plante que vous ne connaissez pas Il peut parfois s'agir d'une espèce protégée. Sa cueillette peut entraîner
sa disparition et bouleverser son écosystème.
Ne participez pas à l'introduction d'espèce envahissante. Les invasions biologiques
sont aujourd'hui considérées par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme la seconde plus grande menace
après la destruction de l'habitat, et devant la pollution et la surexploitation
des milieux par l'Homme.
Lors de vos voyages, prenez soin de ne pas ramener de plantes, d'animaux
ou des objets dérivés, sans vous renseigner. De très nombreuses espèces sont
menacées et requièrent des permis : sans ceux-ci, vous seriez en situation
illégale aux douanes.
Ne relâchez jamais une espèce exotique (animal ou plantes) dans la nature.
Les nouveaux animaux de compagnie (NAC) peuvent constituer un danger pour la
biodiversité. En les abandonnant dans la nature vous participez à l'introduction
d'une nouvelle espèce qui peut proliférer au détriment des espèces locales. Adressez
vous aux services du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables.
Plus d'informations sur : http://www.developpement-durable.gouv.fr
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