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Bruxelles, le 4 mars 2008
Environnement: surveillance rapprochée
pour les pique-assiette de la nature
La biodiversité de l’Europe est
menacée par l’intrusion d’espèces venues d’ailleurs
telles que le rat musqué ou la berce géante, mais on en sait peu sur
l’étendue du problème. Ces espèces allogènes
envahissantes (IAS) peuvent perturber la flore et la faune locales, occasionner
des dommages considérables à la nature et nuire gravement à
l’économie. La Commission lancera le 3 mars une consultation en
ligne destinée à collecter des suggestions sur les moyens les plus
efficaces de réagir à ce problème à l’échelle de
l’Union européenne. Les résultats de cette consultation seront
utilisés pour l’élaboration d’une communication de la
Commission sur un cadre communautaire relatif aux espèces allogènes
envahissantes, dont l’adoption est prévue pour la fin de
l’année.
«L’Europe, a déclaré le Commissaire Dimas, est
déterminée à mettre un terme, d'ici à 2010, à
l’appauvrissement de la biodiversité. Nous savons que les
espèces envahissantes sont un des plus grands périls qui menacent la
biodiversité, ce qui, souvent, n’est pas sans conséquences pour
l’économie, mais nous ne disposons d’aucun système
harmonisé pour lutter contre ce fléau et en évaluer les effets.
Nous espérons une forte participation à la consultation publique, pour
que l’Europe puisse mieux cerner le problème et concevoir, à
terme, un mécanisme approprié permettant de le régler
définitivement.»
La consultation lancée par la Commission
La Commission européenne s’attaque au problème en
lançant une consultation en ligne qui restera ouverte du 3 mars
au 5 mai 2008. Toutes les parties intéressées, y
compris les particuliers, les représentants des entreprises et des
consommateurs, les groupes d’intérêt, ainsi que les ONG et
autres organisations, sont invitées à communiquer les informations
dont elles disposent et à faire part de leurs avis. Les résultats de
cette consultation seront utilisés pour l’élaboration
d’une politique communautaire relative aux espèces allogènes
envahissantes, dont les différents aspects seront présentés dans
une communication de la Commission à la fin de
l’année 2008.
Les dangers des invasions
Les écosystèmes sont dynamiques par essence et de nombreuses
espèces se sont acclimatées loin de leur aire d’origine.
Souvent, c’est l’intervention humaine qui préside à
l’introduction de nouvelles espèces: il en va ainsi des rhododendrons
d’Europe, rapportés de l’Himalaya, et de certaines cultures de
base telles que la tomate, la pomme de terre ou le maïs, qui proviennent
des Amériques. Or, s’il est vrai que de nombreuses espèces
introduites ont fortement bénéficié aux économies locales,
il en est d’autres qui compromettent l’équilibre et
prolifèrent en occasionnant de graves préjudices tant à
l’environnement qu’aux intérêts économiques et à
ceux des personnes. L’Europe ne dispose à l’heure actuelle
d’aucun cadre cohérent de lutte contre l’invasion des
espèces allogènes envahissantes et il est à craindre que les
mesures fragmentaires qui sont en place ne permettent pas de réduire
significativement les risques que ces espèces font peser sur les
écosystèmes européens. La consultation se veut un premier pas
vers une démarche européenne dans la lutte contre ce fléau.
Un problème mondial
On sait qu’un important «contingent» d’espèces
allogènes est déjà présent dans l’Union
européenne. En Méditerranée, par exemple, une algue envahissante
dénommée Caulerpa taxifolia cause des dégâts de
grande ampleur. Dans quasiment toute l’Europe de l’Ouest,
l’environnement et l’économie subissent de graves dommages dus
à la moule zébrée (Dreissena polymorpha), qui obstrue les
prises d’eau des centrales électriques et entre en compétition
avec les espèces indigènes de moules. Quant au pseudorasbora
(Pseudorasbora parva), d’origine asiatique, il a rapidement
colonisé toute l’Europe après avoir été introduit dans
des étangs en bordure du Danube, en Roumanie, dans les années
soixante. En raison des parasites qu’il héberge, les
conséquences se sont révélées très lourdes pour les
espèces indigènes. Les mesures correctives peuvent coûter
extrêmement cher. À titre d’exemple, l’Allemagne
dépense chaque année quelque 44 millions € pour
réparer les dommages causés aux berges et talus des cours d’eau
par les rats musqués et des plantes exotiques telles que la renouée ou
la berce géante.
Très souvent, les introductions accidentelles sont un effet
collatéral des circuits commerciaux et de la mobilité internationale.
Parmi les autres causes fréquemment constatées, on peut citer les
exfiltrations d’espèces détenues dans des jardins ou dans des
aquariums (cas de la plupart des plantes allogènes installées en
milieu sauvage), d’animaux élevés en captivité (cas de la
plupart des mammifères envahissants) ou d’espèces aquacoles. Par
ailleurs, le stockage délibéré d’espèces d’eau
douce allogènes par les pêcheurs à la ligne est aussi une cause
répandue de fuites dans le milieu naturel. Dans l’environnement
marin, les organismes aquatiques nuisibles sont souvent introduits par le biais
des eaux de ballast, que les navires embarquent quelque part dans le monde et
rejettent très loin de là.
Le problème de l’appauvrissement de la
biodiversité
La biodiversité du monde est gravement menacée par de nombreux
dangers souvent liés aux activités humaines, qui sont aggravés
par les changements climatiques. On sait qu’une partie du problème
tient aux espèces allogènes. La biodiversité sous-tend la
circulation des biens et des services liés aux écosystèmes
(denrées alimentaires, combustibles, fibres, qualité de l’air,
débit et qualité de l’eau, fertilité des sols et cycle des
éléments nutritifs); elle constitue aussi un ressort fondamental du
tourisme. Toutefois, environ deux tiers des services liés aux
écosystèmes dans le monde sont en déclin. Dans l’Union
européenne, ce phénomène se manifeste sous la forme de
l’effondrement des stocks halieutiques, de dommages étendus
causés aux sols, de dégâts dévastateurs dus aux inondations
et de la disparition de la vie sauvage.
Pour de plus amples informations:
Pour prendre part à la consultation, rendez-vous à
l’adresse: http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/forms/dispatch?form=Invasive
Pour en savoir plus sur les espèces envahissantes, consultez le site:
http://ec.europa.eu/environment/nature/invasivealien/index_en.htm
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